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Julien Ancelin : administrateur en systèmes d’information géographique

Julien Ancelin est assistant ingénieur à l’unité expérimentale de Saint-Laurent-de-la-Prée. Il conçoit des systèmes d'informations géographiques orientés web pour trois unités expérimentales, il les développe grâce à des outils informatiques gratuits et libres de droits.

. © Inra, Armelle Pérennès
Mis à jour le 21/02/2017
Publié le 19/10/2015
Mots-clés : PORTRAIT

Si Julien est passionné d’informatique, il garde les pieds sur terre et les mains sur le volant du tracteur. Travaillant à 80 %, il passe son vendredi dans l’exploitation agricole familiale dont il est associé. Il y applique les principes de l’agroécologie, privilégiant semis direct, agriculture de précision et biodiversité. Et lors de son recrutement à l’Inra en 2005, il a d’abord été responsable du domaine expérimental de Saint-Laurent-de-la-Prée – 200 ha et un troupeau de vaches charolaises et maraîchines – à la tête d’une équipe de quatre personnes. Mais, déjà, il utilisait des Systèmes d’information géographique (SIG) pour tenter d’informatiser les données et de les centraliser.

Du tracteur à l’ordinateur

En 2009, il change de poste. Il suit plusieurs formations pour maîtriser les SIG et leur application aux bases de données. Julien devient administrateur en SIG pour trois unités expérimentales : Saint-Laurent-de-la-Prée, Entomologie et Alenya qui expérimente le maraichage sous abri à Perpignan. La base Sigma de Saint-Laurent est opérationnelle depuis 2013, celle de l’Entomologie est en cours de déploiement et celle d’Alenya est en développement. D’autres unités sont aussi intéressées.

Depuis le 1er septembre, un nouveau collègue est recruté pour travailler avec Julien. « On est en plein boum ! On risque d’être débordé assez rapidement. Avec un titulaire en plus, je vais pouvoir me reposer sur quelqu’un. » Julien travaille aussi avec le directeur adjoint de l’unité de Saint-Laurent, et avec l’Equipe informatique du centre Inra Poitou-Charentes qui prête toute l’infrastructure informatique. « On commence à avoir une légitimité et une reconnaissance dans le centre Inra et dans notre département de recherche » se réjouit Julien.

Un petit boîtier pour compter les fleurs sauvages

Observation d'un patch de coquelicots. © Inra, Julien Ancelin
Observation d'un patch de coquelicots © Inra, Julien Ancelin
Chaque utilisateur a sa propre interface adaptée à son niveau informatique. « Mon rôle n’est pas de créer les cartes dont mes collègues ont besoin à partir de leurs données. L’utilisateur doit être autonome. S’il n’arrive pas à utiliser l’interface, c’est que j’ai mal fait mon travail. » La dernière création de Julien est Géo Poppy : une base de données géographique mobile tenant dans nano ordinateur autonome. Bien utile pour l’Entomologie qui doit compter coquelicots et bleuets dans la zone atelier Plaine & val de Sèvre, sans connexion web. Sur le terrain, un agent peut par exemple se géolocaliser, positionner l’endroit où il observe coquelicots ou bleuets et saisir le type de fleur observée. « C’est l’un des plus gros projets collaboratifs que j’ai créés » sourit Julien.

Innover et partager

« Le développement est super intéressant avec les outils open source, car chacun contribue à les améliorer. Si quelque chose ne me plaît pas dans le code, je peux le changer. » Julien est en relation avec des développeurs internationaux. Il interagit avec eux via son compte Github, un site de codage social et collaboratif. « Quand j’ai fait quelque chose de nouveau, tout le monde peut aller le voir et en tester la fiabilité. » Les développeurs internationaux relaient l’information du compte Twitter de Julien auprès des nombreux abonnés de leur réseau (géomaticiens français ou internationaux, directeurs de services informatique, conseillers en formation, développeurs, concepteurs).

Julien partage ses connaissances lors de rendez-vous professionnels. Il a présenté ses outils à la première conférence en France de Foss4g (Free open source spacial for geography) en 2014 à Marne-la-Vallée, a animé une table ronde sur les containers linux et les usines logicielles aux Journées de développement logiciel cet été à Bordeaux, et organise une formation à la programmation Python pour Qgis fin septembre à Saint Laurent. Il a également publié un article dans le numéro spécial GPS et SIG du Cahier des techniques de l’Inra en 2014 : "SIGMA, un websig sur mesure de gestion des données des expérimentations-système". « Il faut être passionné, imaginatif, patient et aimer le bricolage. Et si on veut innover, ne pas se contenter de ce qui existe : aller chercher ailleurs. »

Depuis 2014, pour 5 % de son temps de travail, Julien est aussi correspondant en système de management environnemental, afin de certifier l’unité de Saint-Laurent ISO 14001. Formé à l’analyse Bilan carbone, il analyse l’impact environnemental de toute l’unité (kilomètres parcourus par les agents, fioul dépensé…), avec des objectifs annuels ou bisannuels, comme la diminution de la dépense énergétique.

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Contact(s)
Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Nouvelle-Aquitaine-Poitiers

Géo Poppy, un serveur web SIG portable

Géo Poppy Logo. © Inra, Julien Ancelin
© Inra, Julien Ancelin
Les expérimentations à l'interface entre agriculture et environnement impliquent des campagnes d'inventaire sur le terrain, sur de vastes territoires, qui génèrent des quantités importantes de données géoréférencées. Or les zones d'inventaire ne sont pas toujours couvertes par une connexion web permettant de se relier à un serveur cartographique centralisé.
Géo Poppy permet de dépasser cette contrainte, via un nano-ordinateur qui embarque le(s) SIG nécessaire(s) à la saisie des données au champ. Simple d'utilisation, Géo Poppy est léger et tient dans la poche. Sur le terrain, l'utilisateur peut travailler et saisir les données à partir d'un ordinateur, d'une tablette ou d'un smartphone, et communiquer en wifi avec le serveur portable. Les données sont synchronisées vers une base centrale quand le serveur dispose d'une connexion sécurisée en ethernet.
Soulignons que les logiciels embarqués dans Géo Poppy sont open source, facilement adaptables à des besoins spécifiques, et que le coût matériel d'un serveur est d'une centaine d'euros.
Autant dire qu'il s'agit d'une solution très accessible, mise à la disposition de tous.

>> Voir une présentation vidéo de Géo Poppy lors d'une journée organisée par le réseau Bases de données (CNRS et établissements scientifiques) sur les systèmes d’information embarqués et les carnets de laboratoire électroniques (5 octobre 2016)

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En savoir plus

  • Ancelin J., Odoux J-F., Schmit O., Caille A., 2016. Géo Poppy, un serveur web SIG portable pour le recueil de données terrain. Géomatique Expert, n°109, 42-48
  • Pour fabriquer Géo Poppy : https://github.com/jancelin/geo-poppy