L'unité expérimentale de St Laurent de la Prée en marche vers l'agroécologie

Depuis 2009, l'unité expérimentale de St Laurent de la Prée conçoit puis évalue un système de polyculture-élevage en marais, autonome et favorable à la biodiversité. Ce projet implique l’ensemble de l’unité : 16 agents, 200 hectares de cultures et de prairies et 120 bovins de race maraîchine. Il a été présenté aux partenaires du centre Inra Poitou-Charentes mardi 15 octobre 2013 à St Laurent de la Prée.

Vaches de race maraichine dans une prairie du domaine de l'Inra à Saint Laurent de la Prée. © NICOLAS Bertrand
Par Service communication Inra Poitou-Charentes
Mis à jour le 20/12/2013
Publié le 16/10/2013

Contrairement aux autres expérimentations-système du centre (Alteravi, Patuchev, Oasys), celle de Saint Laurent n’a pas été construite de toutes pièces, mais créée à partir de l’exploitation agricole du domaine. Ses mots d’ordre : davantage de biodiversité et d’autonomie. Les agents réfléchissent ensemble aux évolutions à mener, sur les conseils d’un comité scientifique. Après avoir essuyé une tempête (Xynthia) et deux sécheresses, l’expérimentation-système produit ses premiers résultats depuis 2012.

Autonomie et biodiversité favorisées

Alors que l’unité vendait ses récoltes et achetait des aliments pour son troupeau, aujourd’hui elle produit en partie sur place de quoi nourrir ses animaux : luzerne, pois, blé, triticale... Elle achète moins d’engrais et n’exporte plus son fumier : elle l’utilise désormais pour fertiliser ses cultures.
En plus de diversifier ses cultures, l’unité a semé des légumineuses et des graminées sur ses bandes enherbées pour créer des habitats variés, favorables aux insectes auxiliaires de cultures. Elle teste actuellement des durées de pâturage de plus en plus courtes sur trois parcelles successives, afin de générer des hauteurs d’herbe hétérogènes, propres à attirer différentes espèces d’oiseaux limicoles. En continuité, l’unité réfléchit à développer des roselières et planter des arbres sur l’exploitation.

Une production agricole économiquement viable

Côté élevage l’instauration d’un vêlage d’automne, en plus de celui du printemps, permettrait à l’unité de mieux vendre ses veaux – à une période de l’année où l’offre est réduite. Diversifier à la fois ses productions et la gestion de son exploitation, lui permet de mieux résister aux aléas économiques et climatiques. Pas à pas, elle évalue les conséquences environnementales, économiques et sociales des changements mis en place. Si le système construit à Saint Laurent n’est pas fait pour être livré clé en main aux agriculteurs, ses innovations et ses outils d’évaluation permettent de conseiller des agriculteurs qui voudraient eux aussi engager une transition agro-écologique.