Les zones humides : pourquoi les préserver ?

Marais littoraux, vallées alluviales, zones humides intérieures ou tourbières : les zones humides sont des milieux très riches du point de vue environnemental. Pourtant leur conservation est aujourd’hui menacée par l’activité humaine. Maintenir des systèmes d’élevage bovin durables dans ces zones permettrait de les préserver.

Prairie de marais au début du printemps. © Inra, Sarah Chadefaux
Par Service communication Inra Poitou-Charentes
Mis à jour le 15/05/2014
Publié le 14/05/2014

Les zones humides sont des milieux entre terre et eau, inondés plus ou moins longtemps par de l’eau douce, saumâtre ou salée. Ces milieux complexes, ayant en commun leur caractère humide, sont pourtant très diversifiés. Dispersées sur tout le pays, les zones humides françaises se répartissent en quatre grandes catégories : les marais littoraux, les vallées alluviales, les zones humides intérieures, les tourbières.

En grande partie constituées de prairies, les zones humides sont aujourd’hui menacées

Dotées de sols régulièrement saturés en eau, elles abritent une flore et une faune riches et spécifiques et sont également reconnues pour épurer l’eau et réguler les cours d’eau. Elles sont en grande partie constituées de prairies qui couvriraient jusqu’à 2 millions d’hectares, soit 20 % de la surface nationale des prairies permanentes et temporaires. Dans bien des cas, les milieux humides ont subi depuis des siècles des aménagements hydrauliques importants, pour le contrôle des niveaux d’eau. D’importants réseaux de canaux et de fossés sont gérés et entretenus, souvent de façon collective par des associations de propriétaires. Ces milieux sont aujourd’hui menacés de disparition ou de dégradation par l’abandon, le drainage, l’intensification agricole, l’endiguement des cours d’eau et l’urbanisation. Au cours du siècle dernier plus de la moitié des zones humides françaises a disparu et, si la dynamique de régression des surfaces a ralenti sur les 20 dernières années, leur dégradation se poursuit en particulier pour les prairies humides.

L’élevage bovin reste l’activité dominante dans les grandes zones de marais littoraux atlantiques et de plaines alluviales. Pourtant le nombre de fermes d’élevage et de bovins diminue constamment depuis les années 80 et des parcelles jugées peu rentables ou trop difficiles à exploiter sont abandonnées. Maintenir des systèmes d’élevage bovin durables, conciliant performances technico-économiques et environnementales, constitue donc un enjeu majeur pour préserver les zones humides.