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Tempête Xynthia : conséquences pour les agriculteurs

Quelle conduite à tenir sur les parcelles inondées ?


Le 27 février dernier, la tempête Xynthia a touché très durement le littoral de la Charente-Maritime (17) et de la Vendée (85), y compris les agriculteurs et leurs exploitations. L’eau salée a inondé les terres agricoles consacrées pour les deux tiers aux grandes cultures et pour un tiers aux prairies. Les chambres d’agriculture des deux départements estiment les surfaces envahies par la mer à environ 40 000 hectares en Charente-Maritime et 12 000 hectares en Vendée. L’eau se retirant petit à petit, on peut commencer à estimer l’ampleur du sinistre.

 

Que faire ?

 
Dans l’immédiat, il faut évacuer l’eau le plus rapidement possible et par tous les moyens.
En effet, les conséquences pour les plantes et le sol vont dépendre du niveau de salinité de l’eau et de la durée de la submersion. Pour les prairies, l’eau devra s’évacuer de façon gravitaire lorsque le réseau hydraulique sera suffisamment bas. Il faudra faciliter le départ de l’eau de la parcelle vers le réseau en réhabilitant la fonctionnalité des rigoles existantes ou en créant des tranchées de connexion. En ce qui concerne les cultures drainées, l’eau doit s’évacuer par les drains par la remise en route des pompes fixes (avec réhabilitation électrique et mécanique si besoin) ou l’utilisation de pompes externes.

Flash spéciaux de la Chambre d'agriculture Charente-Maritime :
Conduite à tenir sur une parcelle submergée par l'eau de mer
> Etat des lieux 3 semaines après le raz de marée
 

Quelles conséquences pour les cultures ?

 
Sur ce sujet, les Chambres d’agriculture 17 et 85, les instituts techniques, les Coopératives, la FDCETA17 et l’INRA ont produit une note technique : Conséquences de la tempête du 27-28 février 2010 sur les cultures en Charente-Maritime et en Vendée.
On y détaille les zones concernées, les caractéristiques de l’ennoiement par types de zone, les conséquences agronomiques attendues des effets mécaniques, chimiques de l’ennoiement par l’eau salée sur les plantes en place et le sol argileux ainsi que les solutions à envisager selon les cas. La mise en place d’un réseau de surveillance de l’effet à court et moyen terme de cet événement sur les caractéristiques du sol permettra de juger de la conduite à tenir par secteur.

Autres notes techniques disponibles :
Effets physiologiques de l’ennoiement et de la salinité sur les cultures de David Gouache (Arvalis) 
D’une façon générale, le sel (chlorure de sodium) a un effet d’une part sur les plantes, en provoquant des brûlures des feuilles et en limitant leur capacité à prélever de l’eau dans le sol et d’autre part sur le sol. Dans le sol, les ions sodium vont se fixer sur la matrice argileuse et provoquer une perte de structure. Aussi, sur le long terme, l’apport de gypse (… de calcium) va permettre de substituer les ions calcium aux ions sodium de la matrice argileuse et ainsi restaurer la structure. Pour être totalement bénéfique, les apports de gypse doivent se faire en été au moment où la présence de fentes de retrait permet de traiter efficacement l’ensemble de l’horizon cultivé.
 

Quelles conséquences pour les prairies ?


 
 
Un état à restaurer
 
Les premiers effets sur les prairies concernent un surcroît de travail avant la mise à l’herbe pour remettre en état les clôtures malmenées par les vagues et les objets flottants, nettoyer les parcelles des objets indésirables apportés par l’eau, enlever les dépôts de débris végétaux accumulés par endroit de façon importante et empêchant la pousse de l’herbe, dégager les rigoles obstruées par les débris végétaux ou la boue.
En raison de la très forte humidité du sol et donc de sa faible portance, la sortie des animaux en prairies s’en trouvera retardée et va nécessiter de mobiliser des réserves de fourrages supplémentaires.

 
 
Les effets sur la flore et la pousse de l’herbe
 
Les enseignements de 1999
La tempête de décembre 1999 avait elle aussi provoqué une inondation par la mer dans les polders charentais. Les terrains de l’INRA avaient alors été submergés pendant une semaine. A l’époque, aucune conséquence néfaste n’avait été observée sur les prairies naturelles d’un point de vue flore ou production. Mais l’inondation était plus précoce (fin décembre), de courte durée (<8jours), et avec une eau saumâtre car combinant l’eau de mer, l’eau de la Charente et de fortes pluies.
 
Les conséquences en 2010
L’effet de l’inondation sur les prairies va aussi probablement dépendre de la durée de submersion, de la salinité de l’eau et de la météo qui va suivre l’exondation.
Il semble que la salinité importante de l’eau ait déjà un effet visible sur quelques espèces semées comme la fétuque élevée et quelques légumineuses. Il faut surveiller leur redémarrage ou non lors du retour de pluies et de la douceur des températures.
En ce qui concerne la flore autochtone des prairies naturelles de marais, on peut penser que les espèces de cette flore sont plus résistantes à ce type d’aléa. Seul un suivi sur des parcelles pour lesquelles on dispose de relevés de flore les années passées pourra nous permettre de tester cette hypothèse. Une modification substantielle de la composition des prairies aurait des conséquences importantes en terme de production et de qualité fourragère. Une réflexion s’engage pour mettre sur pied un réseau de suivi sur les prairies ce printemps sur la base des données disponibles sur les années antérieures (pour l’instant, contacts INRA / Parc Inter-Régional du Marais Poitevin).
Sur le plan de la production des prairies, on pourrait s’attendre à un retard de démarrage de la végétation lié à l’inondation. Cependant, le temps sec et froid qui s’est installé depuis début mars et qui suivait des mois de janvier et février très frais a stoppé le début de croissance des prairies même hors inondation. Il faut donc surveiller l’évolution des prairies lors du retour de conditions climatiques plus favorables.
Des problèmes de portance des parcelles, retardant l’accès pour l’apport de fertilisant et la mise à l’herbe des animaux seront sans doute plus contraignants.
 
Une inquiétude demeure concernant la qualité de l’eau des fossés ce printemps pour l’abreuvement des animaux. Le renouvellement de cette eau saumâtre à salée par de l’eau douce sera-t-il suffisant ?
 

Qui contacter ?

 
Un groupe de techniciens des Chambres d’agriculture de Charente-Maritime et Vendée, de l’Inra, d’Arvalis, du Cetiom et de l’ensemble des Coopératives et Négoces concernés, s’est constitué afin de réfléchir aux solutions techniques à proposer aux agriculteurs.
 
Inra :
Claude Chataigner 06 07 13 74 42
Jean-Michel Hillaireau 05 46 82 10 50
 
Chambre d’agriculture Charente-Maritime (17) :
Julien Bernardeau 05 46 35 50 79 ou 06 77 04 51 04
Clarisse Robineau 05 46 93 71 05

 

Rédacteur : Service communication
Date de création : 18/03/2010
Date de dernière mise à jour : 14/06/2010

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